Urbex à Sedan

Il n’est pas rare qu’un projet photo titille notre curiosité. Mais qu’est-ce que l’urbex ? Rien de plus que l’exploration urbaine. Vania, tout autant que de nombreux passionnés d’architectures délaissées, s’est faufilée dans les dédales de couloirs de la  sous-préfecture abandonnée de Sedan, près de Charleville.

Selon les principes de cette pratique, elle n’a rien dérangé, rien vandalisé. “Ne rien prendre, à part des photos. Ne rien laisser, à part des traces de pas”. Vania Bartolomeu connaît la règle.

L’histoire de l’édifice

Bâti en 1865 par Auguste Reimbeau et terminée par Jean-Baptiste Couty dans un style Louis XIII, ce magnifique édifice classique – successivement siège de l’État-major général, résidence du Prince impérial et plus tard de l’Empereur Napoléon III – n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été depuis qu’un incendie l’a partiellement détruit, il y a quelques années. Pour éviter que le bâtiment ne tombe en décrépitude, la Ville a mandaté une spécialiste afin de pouvoir saisir le bien, détenu par un particulier afin d’y installer « une maison de l’enfance », révèle Didier Herbillon.

Les origines de l’urbex

Selon les explorateurs, l’urbex a toujours existé : « Tout gamin qui visite la grange abandonnée de son village fait de l’urbex, sans le savoir », explique Sentinel.

Jeff Chapman, alias Ninjalicious, est à l’origine de la médiatisation de l’urbex. En 1996, il crée le magazine Infiltration, « The zine about places you’re not supposed to go ». Puis publie un livre, peu avant sa mort en 2005 : «  Acces All Areas  : a user’s guide to the art of urban exploration  ».

En France, le mouvement a trouvé une première popularité dans le milieu des cataphiles, avant de connaître son véritable essor ces dernières années, notamment grâce à Internet. On estime à environ 10 000 le nombre d’urbexeurs en France. Paris, Lyon ou encore Strasbourg et le nord de la France sont le terrain de jeu de nombreux explorateurs.

L’urbex se pratique également de façon légale, avec l’autorisation du propriétaire des lieux.